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Un numéro thématique pour la revue scientifique REMEST, Travail des femmes et santé : un dialogue France-Québec

Le directeur en chef de la revue multidisciplinaire sur l’emploi, le syndicalisme et le travail (REMEST), le professeur Guy Bellemare, est heureux d’annoncer la publication du plus récent numéro de REMEST traitant de la question de la santé au travail des femmes.

Ce numéro thématique a fait l’objet d’une collaboration franco-québécoise dans le travail d’édition. Les deux éditrices invitées, mesdames Romaine Malenfant, du Département de relations industrielles de l’UQO et Régine Bercot de l’Université Paris 8, ont dirigé ce numéro qui comporte 6 articles. Voici la liste des sujets contenus dans ce numéro :

Si le bruit rend sourd, rend-il nécessairement sourde?
Le défi d’appliquer l’analyse différenciée selon le sexe à la recherche d’informations sur la santé et la sécurité du travail
Par : Karen Messing, Katherine Lippel, Susan Stock, France Tissot

La santé des femmes au travail en France
Par : Régine Berco

Grossesse et travail : au-delà des facteurs de risques pour la santé
Par : Romaine Malenfant, Anne Renée Gravel, Normand Laplante, Robert Plante

La santé des infirmières françaises
Par :  Chantal Horellou-Lafarge

Gestion des émotions, santé et régulation du travail dans les services à domicile
Par : Annie Dusset

(In)Visibles : genre, émotions et violences au travail
par : Angelo Soares

Les articles sont accessibles gratuitement à l’adresse URL suivante : http://www.remest.ca/

Ou sur le site Érudit : http://www.erudit.org/revue/remest/2011/v6/n2/index.html

Présentation du contenu du numéro

L’entrée dans le XXIe siècle soulève plusieurs questions sur ce que devient le travail, la place qu’il occupe dans la vie quotidienne et celle qu’on veut lui donner, tout comme sur les façons de stopper certains de ses effets négatifs notamment au niveau de l’envahissement du hors travail, de la santé mentale, des maladies cardiovasculaires, des lésions musculosquelettiques, attribués entre autres au stress, à l’intensification, à la précarisation du travail et au déclin de l’institution dans un marché qui se tertiarise.

L’entrée massive des femmes sur le marché du travail a été de ces transformations qui ont marqué de façon significative le XXe siècle. Dans le plus fort de ce mouvement, un intérêt pour la santé des femmes au travail s’est manifesté attisé par une volonté de mettre au jour, dans différents domaines de recherche, le monopole d’une science « aveugle » (Messing, 1998). Ces travaux ont questionné les définitions du risque lié au travail qui s’appuyaient exclusivement sur les activités de travail des hommes et qui omettaient de voir la pénibilité du travail des femmes. Des recherches empiriques ont décrit le travail des femmes et ses exigences au plan des savoir-faire et de la résistance physique et psychologique qu’il exige. Ces recherches ont jeté les premières bases d’une connaissance scientifique sur le risque professionnel pour les travailleuses et révélé la persistance des rapports sociaux de sexe dans la réalité du travail au quotidien. Que nous apprennent les recherches récentes sur la santé au travail des femmes? Quels sont maintenant les enjeux, voire les défis pour la recherche? Comment des analyses différenciées selon le sexe peuvent nous en apprendre davantage sur la construction sociale du risque pour la santé?

Ce numéro thématique de la Revue multidisciplinaire sur l’emploi, le syndicalisme et le travail (REMEST) propose six textes portant sur différentes facettes de la santé au travail des femmes préparés par des chercheuses et chercheurs québécois et des chercheuses françaises qui ont tissé au fil des années des liens autour d’intérêts communs en santé au travail. Le texte des professeures Messing, Lippel, Stock et Tissot souligne que même si la recherche sur la santé des femmes au travail a beaucoup progressé, les perspectives de genre sont encore insuffisamment développées. Selon les auteures, cette lacune touche d’ailleurs aussi bien les connaissances sur les spécificités liées au sexe masculin que féminin et a des répercussions sur la recherche et l’intervention en santé au travail. La professeure Bercot s’est penchée sur la santé des femmes et la place qu’elles occupent dans l’emploi et le travail, en comparaison avec la situation des hommes. C’est à partir des résultats d’enquêtes nationales et de recherches terrain menées en France qu’elle dresse son portrait et en propose une analyse révélant les normes sociales, les comportements attendus et les attitudes choisies qui traduisent les disparités qui ont toujours cours.

Les deux textes qui suivent se rapportent plus spécifiquement au travail en milieu hospitalier. Celui des professeurs Malenfant, Gravel, Laplante et Plante traite de la conciliation travail-grossesse chez les infirmières dans le contexte québécois où sévit une pénurie de main-d'œuvre. L’objectif organisationnel de maintien en place des effectifs est confronté aux exigences de réaménagements du travail qu’exige la protection de la santé de la travailleuse enceinte et de l’enfant à naître. Le défi est de taille pour des gestionnaires habitués à séparer sphère productive et sphère reproductive. Dans le même sens, le texte de la professeure Horellou-Lafarge en montrant les transformations importantes qu’a connu le métier d’infirmière depuis des décennies et la nécessaire prise en compte de leurs besoins de conciliation travail-famille, met bien en évidence non seulement les changements que doit amorcer la GRH, mais plus encore l’approche d’intervention en santé au travail qui doit s’orienter maintenant vers la promotion de la santé plus que vers la réduction des pathologies.

Enfin, les deux derniers textes, celui des professeurs Dussuet et de Soares, reprennent un thème toujours aussi pertinent, celui de l’invisibilité du travail des femmes. Pour Annie Dussuet, les services à domicile sont un point d’observation privilégié pour l’étude du travail émotionnel. Ces travailleuses en contact avec le public bénéficiaire subissent une charge mentale forte dans un contexte d’intensification du travail. Elle propose un point de vue original, celui des travailleuses elles-mêmes dont les témoignages permettent de comprendre les conditions de construction de la santé au travail. Angelo Soares s’intéresse plus globalement aux diverses formes d’invisibilité, celle du travail des femmes notamment dans le secteur de la santé, celle des émotions au travail dans le secteur des services et celle des violences au travail faites aux femmes. Ses analyses se basent sur plusieurs recherches menées au Québec et portant sur différents types de travail dans le secteur des services.

Ce numéro thématique est riche des connaissances et expériences des chercheuses et chercheurs qui y ont collaboré. Il s’avère être un outil essentiel pour l’enseignement et pour la poursuite du développement de la recherche en santé au travail des femmes.

Modifié par:  Direction des communications et du recrutement
Dernière mise à jour:  22.11.2011 14.52

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