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La professeure Mélanie Dufour-Poirier en nomination pour la meilleure thèse de doctorat de l'année 2011 aux HEC

La professeure Mélanie Dufour-Poirier du Département de relations industrielles a soutenu avec succès le 7 janvier 2011, sa thèse intitulée Construction d'une coalition syndicale internationale : analyse d'une perspective Nord-Sud. Sa thèse est d’ailleurs en nomination pour la meilleure thèse de doctorat de l'année 2011 aux HEC de Montréal.

Toutes nos félicitations.

Voici le résumé de la soutenance de thèse de la professeure Dufour-Poirier :

Cette thèse trace une analyse critique et située d’un cas empirique d’alliance syndicale dans les Amériques (Canada, Chili, Pérou). Elle s’inscrit pour ainsi dire dans la mouvance des débats théoriques et pratique dans le champ des relations industrielles entourant la nécessité pour les organisations syndicales de renouveler leur discours et de développer des cohésions nouvelles sur la scène internationale. Plus spécifiquement, elle procède à l’étude des logiques d’action d’équipes syndicales locales investies dans la construction d’une coalition Nord/Sud ayant pris place dans une entreprise multinationale du secteur des mines et de la métallurgie. À cet effet, elle s’articule autour d’une double hypothèse. D’une part, nous postulons que la mondialisation se veut non déterministe et non normative en son essence (Lévesque 1998; Murray, Lévesque et coll.. 2000; Pocock 2000) : nous sommes d’avis que les acteurs contribuent, dans toute leur singularité, à la détermination des conditions du travail et de l’emploi. Selon pareille posture théorique, la mondialisation doit être lue non pas comme une super règle ou un destin économique, mais comme un jeu stratégique visant le pouvoir sur le monde : celle-ci peut être possiblement contrecarrée par des acteurs collaborant entre eux qui autrement n’auraient sans doute pas envie d’avoir affaire les uns avec les autres (Beck 2007). Nous admettons, d’autre part, que le déclenchement de toute manœuvre de solidarité internationale se fonde sur la prise en compte obligée d’une exigence triple (stratégique, normative et identitaire), appelée à générer chez les équipes syndicales des logiques d’action variables dans l’espace et dans le temps. À notre avis, l’action collective à la base d’un tel effort de redéploiement doit s’appréhender comme un construit interactif et contingent, une réalité vivante, constamment remaniée par les acteurs, insufflant chez eux des repères en continuelle redéfinition. D’entrée de jeu, de tels présupposés nous ont conduits à reconstituer de quelles façons ces acteurs locaux s’inséraient à l’intérieur d’un espace qu’ils ont contribué à édifier et à comprendre sur quelles bases ils fondaient leurs relations entre eux.

Puisque les comportements épousés dans la coalition étaient conçus comme réversibles et malléables, il nous fallait identifier par la suite les facteurs d’instabilités internes et externes aux acteurs susceptibles de façonner leurs choix en matière de solidarité internationale.

Notre stratégie de recherche a demandé la tenue de quelque soixante-dix (70) entretiens exploratoires et semi-dirigés auprès d’informateurs-clefs dans les trois pays ciblés, en poste dans des organisations locales, nationales et régionales. Le recours à une telle abondance de témoignages nous a permis de dégager une meilleure compréhension de l’impact de la conjoncture actuelle sur la régulation du travail, à plus forte raison sur la construction d’alliances multiformes entre des acteurs syndicaux du Nord et du Sud au plan transnational. Les résultats se dégageant de nos analyses confirment la présence de capacités variables chez les équipes locales engagées à s’investir dans la construction de la coalition. Au total, la plasticité de notre équation (stratégique, normative et identitaire) a révélé la présence d’un sous-phénomène d’implication à la carte : celui-ci confirmait que les logiques d’action étaient pétries par un assemblage de considérations plurielles, hybrides et circonstanciées dans l’espace et dans le temps.

C’est donc au confluent des variables de contexte et des ressources de pouvoir que doivent se dégager les logiques d’action des équipes syndicales du Nord et du Sud, les faisant émerger d’un métissage d’influences relationnelles, identitaires et normatives contrastées. Contrairement à nos présomptions initiales, l’effet des institutions n’apparaît pas surdéterminant, d’où sans doute les ressemblances de parcours observées entre les acteurs du Nord et du Sud. De tels constats viennent atténuer la portée explicative autrefois pressentie à ce clivage. C’est au cœur de cette modulation et de cette variabilité que s’est plongé le présent propos.

Mots clefs : syndicalisme international, coalition Nord-Sud, logiques d’action, conditions de variabilités et d’instabilités

 

Modifié par:  Direction des communications et du recrutement
Dernière mise à jour:  25.02.2011 09.15

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