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L'UQO présente un mémoire au Comité permanent des langues officielles

Madame Bernadette Kassi, directrice du Module des lettres et professeure au Département d'études langagières est intervenue au nom de l'UQO devant le Comité permanent des langues officielles afin de présenter un mémoire portant sur le soutien du gouvernement fédéral aux efforts des institutions postsecondaires dans la promotion du bilinguisme au Canada.
 
« Je suis très heureux que l'UQO ait eu l'occasion de s'adresser au Comité permanent des langues officielles pour faire valoir à quel point notre université est un milieu d'accueil et d'immersion idéal pour les adultes qui veulent faire l'apprentissage du français comme langue seconde, a déclaré le recteur de l'UQO, Jean Vaillancourt. Notre département d'études langagières travaille d'ailleurs à la mise sur pied d'une école de langue vouée à l'offre de cours de perfectionnement et d'appoint qui permettrait de nous distinguer dans ce créneau au sein de la grande région de la capitale nationale. »

Voici le texte de la présentation faite par madame Kassi, le 7 mai dernier, devant le Comité :

Monsieur le président du comité permanent,
Messieurs les députés,
Mesdames, messieurs,
Introduction

Je me nomme Bernadette Kassi, directrice du Module des lettres (responsable des programmes de premier cycle du Département d’études langagières de l’Université du Québec en Outaouais). Je vous remercie de cette tribune que vous m’offrez pour donner la vision de mon université de ce que doit être le soutien du gouvernement fédéral aux universités dans la promotion du bilinguisme au Canada. Après une brève présentation de mon établissement, j’évoquerai, d’abord, le financement fédéral qu’il reçoit et les programmes d’enseignement offerts, puis j’aborderai les initiatives pour le développement des communautés en situation minoritaire et l’apprentissage de la langue seconde, et j’inviterai, enfin, le gouvernement fédéral à soutenir des projets susceptibles d’optimiser le taux de réussite des actions de renforcement du bilinguisme de la Fonction publique fédérale.

L’UQO est un établissement universitaire francophone qui forme près de 5500 étudiants en leur offrant près de 100 options d’études au premier, deuxième et troisième cycles dans des domaines aussi divers que les sciences infirmières, les sciences de l’éducation, les sciences administratives, les sciences comptables, l’informatique et le génie informatique, les relations industrielles, les sciences sociales et le travail social, la psychoéducation et la psychologie, les arts et le patrimoine ainsi que les études langagières. Notre université abrite également le Centre de recherche en technologies langagières (CRTL) créé en 2003 et inauguré au printemps 2006, en partenariat avec le Bureau de la traduction et le Conseil national de recherches du Canada (CNRC).

Financement fédéral pour les technologies langagières
Le financement de source fédérale en appui aux activités du CRTL  s’est décliné comme suit :
• 9,2 millions de dollars de Développement économique Canada pour les régions du Québec à l’UQO pour la construction de l’édifice du CRTL
• 2 millions de dollars par an au Conseil national de recherches du Canada (CNRC), l’un des trois partenaires du CRTL
• Environ 450 000 $ de 2004 à 2006 afin de compléter la carte routière technologique de l’industrie canadienne de la langue et sa diffusion
• Environ 100 000 $ de Patrimoine canadien en 2008-2009 pour un projet dans le domaine des archives religieuses.
Ces différents soutiens ont été d’une importance capitale aux yeux de l’UQO et du CRTL étant donné le rôle central que ce centre de recherche entend jouer dans l’industrie de la langue et surtout dans le développement de la grappe industrielle de la région de la capitale nationale.
Rappelons ici que, selon Industrie Canada, « [d]ans son ensemble, l’industrie de la langue au Canada représentait un PIB de 2,7 milliards $ en 2004. Exprimé en terme réel ou en dollars de 1997, cela équivaut à 2,3 milliards $, soit 0,2 p. cent de l’économie canadienne. Environ 51 700 emplois auraient été attribuables à l’industrie de la langue en 2004. Finalement, les gouvernements fédéral et régionaux auraient profité d’un apport net dans leurs coffres respectifs de 764,9 millions $ et de 215,3 millions $.»

Programmes d’enseignement

Il faut rappeler que l’UQO est un établissement francophone situé dans une province francophone, le Québec, ce qui l’exclut de tout financement provincial pour le développement des communautés de langue officielle en situation minoritaire. Pourtant, la situation géographique de l’UQO, en zone frontalière avec l’Ontario, une province majoritairement anglophone, lui confère un statut particulier empreint de contradictions et qui ne lui vaut néanmoins aucun financement public supplémentaire. Or, bien que l’Université d’Ottawa se définit comme une université bilingue avec « des objectifs très précis » comme la promotion du bilinguisme et le développement des communautés francophones en milieu minoritaire (donc en Ontario), force est de constater qu’elle dessert prioritairement les mêmes populations francophones que l’UQO, à savoir le bassin de près d’un million de francophones de la région de l’Outaouais québécois et de l’est ontarien, dont une forte majorité sont québécois. Pourtant, à la différence de son homologue ontarienne, l’UQO ne reçoit ni financement provincial ni financement fédéral pour favoriser la rétention des étudiants francophones et le développement des communautés anglophones en situation minoritaire, parce qu’elle relève d’une province francophone. Cela illustre précisément le statut « atypique de la région de l’Outaouais, notamment au regard de la proximité avec l’Ontario [et surtout de la mise en] présence de deux systèmes d’éducation différents [munis de modes de financement tout aussi différents] dont la capacité d’adaptation est mise à l’épreuve », comme le soulignait Mme Nicole Boutin, présidente du Conseil supérieur de l’éducation, lors de sa visite dans la région le 13 novembre 2008.

Malgré le caractère francophone de l’UQO contenu dans sa politique linguistique adoptée récemment,  il existe une volonté institutionnelle de développer des programmes bilingues et multilingues, à condition que le soutien des gouvernements provincial et fédéral rime avec les objectifs de développement de cette jeune université.

Nous offrons déjà des programmes de premier cycle en traduction et rédaction (français, anglais) et un programme de deuxième cycle en enseignement de langues secondes (français, espagnol). Le Département d’études langagières compte mettre sur pied une école de langues qui permettrait d’offrir une formation linguistique efficace aux anglophones qui veulent apprendre le français dans un contexte d’immersion (nous y reviendrons).

Initiatives pour le développement des communautés en situation minoritaire et l’apprentissage de la langue seconde
La plupart des experts et des témoins qui m’ont précédée sont unanimes sur un fait : commencer l’apprentissage d’une langue seconde dès le primaire et le secondaire est une excellente stratégie. Cependant, les adultes peuvent également arriver à apprendre une langue seconde, à condition d’utiliser une pédagogie – fort distincte de celle utilisée avec les enfants – adaptée aux adultes.

L’Association des universités et collèges du Canada (AUCC) estime que « les universités devraient travailler à accroître le bilinguisme au Canada en offrant dans leurs murs des occasions de développer la connaissance des deux langues ». L’UQO propose des programmes d’immersion dans un contexte universitaire francophone pour les apprenants anglophones qui veulent apprendre le français comme langue seconde.  La combinaison des cours, des activités extra-universitaires en français et de l’environnement francophone est un levier vivifiant de l’apprentissage de la langue seconde pour ces apprenants anglophones.

En outre, contrairement à certaines croyances encore répandues, l’environnement majoritairement anglophone des établissements dits bilingues n’est pas de nature à favoriser la maîtrise de la langue seconde, le français, par ces étudiants issus des programmes d’immersion au secondaire. La langue seconde s’acquiert plus rapidement et aisément dans un site d’immersion entièrement unilingue.

Soutien financier du gouvernement fédéral aux efforts des établissements postsecondaires

L’UQO estime que le gouvernement fédéral gagnerait à s’investir davantage dans le financement des établissements postsecondaires si elle veut atteindre les principaux objectifs de la Loi sur les langues officielles en veillant à ce que la relève à la Fonction publique soit compétente et efficace dans les deux langues officielles au moins. Les représentants de l’Association des universités et collèges du Canada (AUCC) ont rappelé à juste titre que « les universités ont la tâche importante de promouvoir et de développer davantage la connaissance des deux langues dans la société canadienne ».

Comment atteindre cet objectif fort louable?
• En promouvant la recherche et l’industrie de la langue par son soutien financier au CRTL ;
• En finançant la recherche sur les langues officielles et le bilinguisme, les langues et littératures du monde ainsi que sur la diversité culturelle, voire le multilinguisme. En effet, l’apprentissage de plusieurs langues dont les langues officielles est un enjeu primordial pour le Canada qui est par ailleurs très fier de sa diversité culturelle;
• En finançant les programmes d’immersion en français à l’UQO et dans les autres établissements universitaires offrant un environnement entièrement francophone, un cadre idéal pour l’apprentissage de la langue seconde, le français, par les fonctionnaires anglophones au lieu de ces cours de français dispensés dans leurs bureaux à raison de quelques heures par semaine. Comment peuvent-ils assimiler cette langue seconde tout en demeurant quotidiennement dans un contexte majoritairement anglophone? Les observations évoquées plus haut montrent clairement que le gouvernement fédéral n’obtiendra pas de résultats probants s’il continue d’investir dans des formules pédagogiques qui ne produisent aucun effet ni à court ni à long termes.

Conclusion

L’UQO est certes une université unilingue francophone, mais elle offre d’énormes potentialités en matière d’apprentissage de la langue seconde dans un contexte d’immersion totale qui contribuerait à réduire le taux de non-satisfaction des programmes actuels de francisation des fonctionnaires fédéraux anglophones pour respecter la Loi sur les langues officielles. Étant donné que tous les experts s’accordent pour dire que la meilleure période pour l’apprentissage de plusieurs langues c’est avant l’université, que les adultes peuvent apprendre une langue seconde, mais avec une pédagogie adaptée, et qu’il y a urgence d’améliorer les niveaux de compétences linguistiques des fonctionnaires fédéraux actuels, nous estimons qu’investir dans une formation d’immersion pendant plusieurs semaines dans un contexte totalement francophone, comme l’UQO, aiderait la Fonction publique à résoudre le problème du bilinguisme à court et à moyen termes, tout en établissant des stratégies pour les générations futures.


Madame Bernadette Kassi, Ph. D.
Directrice du Module des lettres
Université du Québec en Outaouais

Modifié par:  Direction des communications et du recrutement
Dernière mise à jour:  29.05.2009 14.19

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